Phytoépuration collective : retour d’expérience sur une installation eaux grises et eaux vannes [Interview]

Phytoépuration collective retour d'expérience sur une installation eaux grises et eaux vannes

Anne-Claude voulait une maison en bauge car elle se sent bien dans ce type de maison et elle prend plaisir à travailler la terre. C’est ainsi qu’en 2005, elle a acheté un ensemble immobilier en bauge et s’est lancée dans une rénovation écologique; pari réussi avec aujourd’hui déjà 4 logements sains, atypiques et pleins de charme.

Habitat groupé à vendre Rennes Dinan maisons écologiques en terre

Avis aux amateurs puisque Anne-Claude se tourne aujourd’hui vers d’autres projets et vend cet ensemble de maisons écologiques en bauge près de Rennes et Dinan, en Ille-et-Vilaine (35), avec des dépendances et offrant un total de 340 m² habitables; un éco-lieu tout à fait adapté à un projet d’habitat groupé, de gîtes ou de chambres d’hôtes.

A travers son témoignage, Anne-Claude nous livre ici gentiment son retour d’expérience et son avis sur son système de phytoépuration pour une petite collectivité qui traitent les eaux grises et les eaux noires.

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Phytoépuration avis retour expérience

Rappelons qu’un système de phytoépuration, appelé également lagunage, éco-assainissement ou encore phyto assainissement, est un système d’assainissement écologique qui utilise certaines plantes pour traiter les eaux usées. Cette épuration naturelle est réalisée grâce à des bactéries présentes dans leur système racinaire. Celles-ci transforment les matières organiques en matières minérales qui sont assimilées par les plantes; c'est pourquoi on appelle aussi ce système un assainissement par filtres plantés.

Les motivations et le projet d'éco-habitat


Pour que les lecteurs vous connaissent mieux, quelles sont vos motivations et votre engagement vis-à-vis du développement durable et l’éco-habitat ?

J'ai choisi l'éco-habitat, parce que c'est une évidence, je ne pourrais pas faire autrement..., pour le respect de la Vie, de la planète Terre, pour l'ensemble du Vivant dont nous ne sommes qu'une petite parcelle... et de surcroît, c'est tellement plus beau une maison écologique, un jardin écologique...

Maisons en terre à vendre écologiques Rennes Dinan Ploërmel Lamballe - Chambres d'hôtes Eco-gîte

Il me semble tout à fait déraisonnable d'envisager vivre avec les substances qui tuent la vie.

Je voulais une maison en bauge, on se sent tellement bien dans une maison en terre, la sensation n'est pas du tout la même que dans une maison en parpaing ou en pierre. Et quel plaisir de travailler la terre (elle est souple, douce...) ! La maison en terre me semble beaucoup plus organique.

Par conviction, j'ai fait partie de l'association Keryac'h (à ses débuts en 2000-2001, avant la scission), où j'ai pu me familiariser avec les différentes techniques de rénovation écologique. L'association (ou ses membres-artisans) organisait des conférences et des salons pour promouvoir la construction écologique. Aujourd'hui, j'essaye de mettre en pratique. Il n’empêche que j'ai souvent dû improviser devant tel ou tel problème qui se posait et qu'il fallait régler de façon urgente.

Assainissement autonome écologique : les choix


Étiez-vous obligée de construire un assainissement autonome ou y a-t-il un tout-à-l’égout ?

Oui, nous sommes en pleine campagne, dans une ancienne ferme où les eaux usées partaient dans un puits perdu dans le champ, ce qui n'était pas conforme à la réglementation. La mise en place d'un assainissement autonome faisait partie des conditions d'obtention du permis de construire.

Quelles sont les principales raisons qui vous ont décidé de partir sur un éco-assainissement ?

J'avais décidé de faire une rénovation totalement écologique, à ma connaissance, la phytoépuration était le système le plus écologique. De plus, comme il s'agissait d'un petit collectif, je n'avais pas les mêmes difficultés à obtenir l'autorisation que pour une habitation individuelle, car il me semble qu'en 2005, ce n'était pas autorisé en Ille-et-Vilaine.

Association Eau Vivante

Aviez-vous visité une installation ?

Oui, j'avais visité des petites installations pour maisons individuelles installées avec l'aide de l'association Eau Vivante.

Comment vous-êtes vous renseignée (salons, revues/ouvrages, Internet, professionnels, …) ?

Assainissement autonome écologique : phragmites australis

Je ne me souviens plus trop quel fut l'élément déclencheur ni comment je suis arrivée jusque l'atelier Reeb (NDLR : bureau d'études sollicité par Anne-Claude), je crois que c'est par l'intermédiaire d' Eau Vivante.

L’auto-construction vous semblait-elle une solution simple ou aviez-vous des craintes sur les difficultés que vous alliez rencontrer ?

Tout comme pour la rénovation des bâtiments, je ne réalisais pas trop ce que cela représentait. Lorsque j'ai reçu le dossier de M. Reeb, j'ai été impressionnée par la quantité d'informations. Heureusement, l'entrepreneur de travaux agricoles (NDLR : avec qui Anne-Claude a travaillé sur ce projet) avait, lui, l'habitude de lire ce genre de plans et connaissait les termes techniques, le nom des matériaux...

J'ai bien étudié méthodiquement tout le dossier, fait des listes de questions pour tout ce que je ne comprenais pas, posé mes question à M. Reeb, à l'entrepreneur ou au fournisseur jusqu'à ce que je comprenne le tout.

Phytoépuration semi-collectif : la conception


Avez-vous tenté de réaliser une phytoépuration collective avec vos voisins ?

Nos voisins les plus proches sont trop éloignés pour envisager cela, mais avec les 5 logements prévus, le projet était déjà conséquent.

Avez-vous suivi un stage ? Non.

Avez-vous reçu des conseils du service public d’assainissement non collectif (SPANC) ? Non.

Vous êtes passée par un bureau d’études, pouvez-vous nous décrire la prestation réalisée et comment cela s’est passé ?

Épilobe

Je suis passé par un petit bureau d'études qui se trouve à Strasbourg, l'Atelier Reeb. Monsieur Reeb est un pionnier dans le domaine de la phytoépuration et il intervient régulièrement en Bretagne. Nous avons eu un très bon premier contact, il est très sensible à la construction écologique. Il est venu une première fois pour visiter le lieu et identifier les possibilités d'implantation. Suite à cette visite, il a établi un devis, puis il est revenu une seconde fois pour me présenter l'étude réalisée.

Ensuite, lors de la préparation de la mise en œuvre, j'ai pu de nombreuses fois lui faire part de mes interrogations par téléphone, il a toujours répondu avec une grande gentillesse et disponibilité à mes questions (bien qu'elles soient parfois dues à des inquiétudes injustifiées ou à mon ignorance).

La dernière fois que j'ai appelé M. Reeb, la station datait déjà de 3 ans et il y poussait des Grandes Épilobes, je ne savais si je pouvais les y laisser. Il m'a confirmé que oui.

Le temps qui s'est écoulé entre la 1ère visite et la remise du dossier fut très rapide, de l'ordre de 2 semaines.

Le dossier de M. Reeb est très fourni, ce qui peut impressionner au départ, mais très très bien fait, compréhensible, et clair.


Pouvez-vous nous décrire techniquement le système que vous avez installé et son fonctionnement ?

Plantes phytoépuration - Schéma fonctionnementL'installation comprend deux grands bassins :

  • 1 - le premier à écoulement vertical qui reçoit les eaux usées. Il est planté de phragmites uniquement. Le bassin, est rempli de cailloux de 3 grosseurs différentes, les plus gros dans le fond et les gravillons en surface. Dans le fond du bassin il y a un réseau d'aération formé de drains et de cheminées,
  • 2 - un regard de recirculation est placé entre les deux bassins pour permettre de ramener les eaux sortant du 1er bassin vers le poste de relevage en cas de surcharge ponctuelle du second bassin,
  • 3 - le second bassin est à écoulement horizontal, l'eau est maintenue à 5-10 cm de la surface,
  • 4 - regard aval : permet de réguler le niveau d'eau dans le 2nd bassin, de contrôler la qualité de l'eau sortant.


Phytoépuration semi-collectif

Pour combien de personnes avez-vous dimensionné cette installation ?

Elle est faite pour 20 équivalents habitants. Nous sommes, depuis le début, une petite dizaine de personnes à vivre sur le lieu. Nous n'utilisons pas la 3ème partie du 1er bassin, qui n'a donc pas été plantée.

Quelles sont toutes les particularités d’une installation pour un "semi-collectif" comparée à un éco-assainissement individuel ?

Il me semble qu'il s'agit tout d'abord de la superficie occupée par la station . Le fait d'alterner les bassins irrigués aussi peut-être.
Je ne sais si pour une installation individuelle, il y a des tuyaux d'aération dans le fond ?

Quelle est la surface de l’installation ?

La surface de terrain occupée est d'environ un peu moins que 12 m x 15 m.

Quelle est la grandeur des bassins ?

Il y a donc 2 bassins principaux, le premier étant lui-même divisé en 3 parties.
Le premier bassin mesure 6 m x 4 m, (ses sous-parties 2 m x 4 m), le second mesure 3 m x 6 m.

Avez-vous une idée de la durée de vie d’une telle installation ?

Je ne sais pas ce qui pourrait impliquer sa fin de vie... ? Au bout d'une dizaine d'années, il y a simplement à retirer les boues du 1er bassin.

Autoconstruction toilettes sèches

Pour quelle raison seul l’atelier est équipé de toilettes sèches ?

Étant donné que les logements étaient destinés à la location, je n'ai pas voulu « imposer » au futurs habitants ce choix personnel, sachant qu'il y a toujours la possibilité de démonter le WC à eau pour le remplacer par des toilettes sèches.

Que deviennent les eaux vannes (eaux noires) des autres toilettes ?

Les eaux des toilettes partent dans la phytoépuration, comme prévu.

Pouvez-vous nous décrire vos toilettes sèches ? Les avez-vous construites vous-mêmes ?

Construction toilettes sèches

Oui je les ai construites grâce aux instructions données par un ami. Il s'agit tout simplement d'une grande planche que j'ai découpée et vissée pour faire le coffre.

Il n'est pas rectangulaire, les angles sur les cotés de devant sont coupés.

Petite astuce, j'ai fixé sur la partie intérieure au sol des petites cales qui permettent de toujours mettre le seau au bon endroit par rapport à la lunette.

Les toilettes sèches de l'atelier sont légères et transportables, je peux les mettre dans mon fourgon, lorsque nous partons pour l'aventure .

Assainissement collectif écologique : la préparation


Permis de construire phytoépuration assainissement écologique

Quelles ont été les démarches administratives que vous avez entreprises ?

Le dossier d'assainissement faisait partie du dossier de permis de construire. Monsieur Reeb avait préparé une présentation du système qui a été jointe à la demande de permis de construire. J'ai quand même eu une entrevue avec le maire pour lui présenter le projet, il n'a pas eu d'objection et le permis de construire a été accordé.

Avez-vous obtenu des aides financières (subvention de l’Anah ou du conseil général, éco-prêt à taux zéro, …) ?

Non c'était trop compliqué ; j'avais commencé un dossier auprès de l'Anah pour l'ensemble du projet de rénovation, mais ils ne me laissaient pas la liberté de faire ce que je souhaitais, notamment je me souviens qu'il m'obligeaient à mettre des VMC... etc .

Quel est votre regard sur le parcours administratif ?

Jusqu'à présent ça n'a pas été trop compliqué. Le fait que cela soit un petit collectif (20 équivalents habitants ou plus) facilite les choses, il me semble.

Quelles sont les espèces végétales que vous avez retenues pour vos filtres plantés ?

Pour le second bassin, j'ai acheté trois espèces de plantes dans un beau lieu, le jardin d'eau à Saint-Michel-de-Plélan (22), qui est spécialisé dans les plantes aquatiques :

Phytoépuration eaux grises et eaux vannes : Laîches - Carex elata Micro-station d'épuration écologique - Rubaniers - Sparganium erectum Lagunage - Assainissement par filtres plantés - Acores Calames - Acorus calamus

  • laîches (Carex elata),
  • rubaniers (Sparganium erectum),
  • et acores calames (Acorus calamus).

Les autres plantes, je les ai prélevées dans leur milieu naturel, c'est-à-dire dans la prairie à proximité :

Assainissement écologique - Massettes - Typha Latifolia Phytoépuration semi-collectif : Joncs des Chaisiers - Scirpus lacustris

  • massettes (Typha Latifolia),
  • iris des marais (Iris pseudacorus),
  • joncs des chaisiers (Scirpus lacustris).

Assainissement collectif écologique - Iris des Marais - Iris pseudacorus

Pour le premier étage de bassin, un ami m'a donné des plants de roseaux (Phragmites australis).
Mais les Joncs et les Massettes devenant trop envahissants, je les ai enlevés. J'ai donc par ailleurs laissé les Grandes Épilobes qui s'y sont invitées.

Quels sont les autres éléments que vous avez achetés et en quelle quantité ?

J'ai acheté :

  • 198 m² de géotextile,
  • 99 m² de géomembrane,
  • de la maçonnerie (2 grands regards, 11 ml de chéneaux de répartition, 8 ml de cloisons),
  • 25 ml de canalisations DN 110,
  • 22 ml de drains DN 100,
  • 6 cheminées d'aération DN 110,
  • un poste de relevage complet,
  • et des cailloux (10 m3 de 20/40, 10 m3 de 15/25 et 8 m3 de 40/80).

Le poste de relevage n'est pas nécessaire si le terrain est suffisamment en pente par rapport aux maisons.

Où vous-êtes vous approvisionnée ?

Pour tous les matériaux (sauf les cailloux, que j'ai fait livrer de la carrière la plus proche), je me suis fournie chez H-tube et Denis Matériaux à Rennes. Il sont été très compétents et efficaces.

Comment avez-vous choisi le lieu d’implantation, y a-t-il des recommandations à suivre ?

Le lieu d'implantation a été déterminé par M. Reeb : il s'agit du point le plus bas du terrain. Mais il a quand même fallu mettre une pompe de relevage car le dénivelé entre les maisons et l'emplacement de la phytoépuration n'est pas suffisant : il faut une pente minimum pour que les eaux usées s'écoulent jusque la station.

Assainissement écologique : l’installation et la mise en service


Assainissement écologique installation système Assainissement écologique travaux

A quelle époque de l’année avez-vous installé le système ?

Les travaux ont été effectués en hiver 2005-2006, la mise en service au printemps 2006.

Pouvez-vous nous décrire les étapes de l’installation ?

Nous avons commencé par faire les métrés sur le sol, puis l'entrepreneur a terrassé les bassins avec son tractopelle. A ce moment là, je n'avais aucune visualisation de ce que à quoi l'on devait aboutir, je lui ai fait confiance.
Nous avons ensuite recouvert le sol de la première couche de géotextile, puis la géomembrane et la seconde couche de géotextile.
Ensuite les tuyaux, et les pièces de maçonnerie ont été installés dans les bassins.
Enfin, les bassins ont été remplis de cailloux.
Pour terminer les regards de contrôle ont été mis en place.
Les plants ont été plantés au printemps, moment adapté pour les plantes aquatiques.

Comment s’est-elle passée (difficultés, astuces, durée,…) ?

Le plus compliqué, à mes yeux, fut de bien respecter les pentes (dans le terrassement et dans la mise en place des tuyaux et drains) : pour que les eaux coulent du 1er bassin dans le second, puis du second vers l'extérieur. Je ne me souviens pas du temps mis car nous l'avons faite en plusieurs étapes en fonction de la disponibilité de l'entrepreneur agricole car il avait d'autres obligations sur sa ferme.

Qu’avez-vous réalisé vous-même ? En accompagnement ?

J'ai réalisé l'ensemble du gros œuvre accompagnée d'un entrepreneur de travaux agricoles. L'ensemble de la mise en œuvre peut se faire à deux personnes, sauf pour les manipulations des cailloux, il a du faire appel à deux salariés en plus : il a fallu mettre les 28 m3 de cailloux à la pelle dans les bassins.
C'est l'électricien qui a mis la pompe de relevage en fonctionnement.
Les plantations je les ai faites seule, bien sûr.

Construction assainissement écologique Construction phytoépuration

Quel a été le délai entre la fin de la réalisation et le début d’un système vraiment opérationnel avec l’action des plantes ? Comment se sont passées la période transitoire et la bascule sur le nouveau système d'assainissement ?

Dès que l'installation a été prête, hors les plantes, au printemps 2006, les tuyaux d'évacuations à la sortie des maisons ont été raccordés à la station. Cela a eu lieu avant l'arrivée des 1ers locataires, nous étions les seuls habitants.

Les boues ont recouvert les cailloux. Ce qui est surprenant, c'est que même au tout départ, les eaux sortant étaient déjà propres. Ceci grâce à l'effet des cailloux et de la couche boueuse.

De l'hiver 2005-2006 à l'été 2006, les plantes qui venaient d'être plantées ont commencé à se développer petit à petit, et à couvrir la couche de boues humides de la surface.

Au départ on a planté surtout près des chéneaux de répartition pour le 1er bassin pour que les plantes aient de quoi se nourrir. Puis au fur et à mesure, elles se sont développées avec la plus grande quantité de boues.

Entre l'hiver 2006 et l'été 2007, il ne s'est rien passé de particulier, les plantes se sont desséchées en hiver puis elles ont repoussé au printemps.

Les plantes ont complètement recouvert les 2 parties utilisées du 1er bassin et du 2nd bassin en été 2007.

Le système était-il suffisamment efficace alors que les plantes étaient desséchées l'hiver 2006-2007 ?

Oui, c'était prévu comme cela. Je m'en étais également inquiétée auprès de M. Reeb qui m'a confirmé que les boues se déposant à la surface et les cailloux effectuent déjà une bonne filtration. C'est ce que j'ai pu constater à la sortie du regard de contrôle.

Des plantes ont-elles desséchées l'hiver 2007-2008 ?

Oui, elles le font tous les hivers. Elles sont toujours vivantes mais les parties extérieures meurent.

Y a-t-il eu un ou plusieurs contrôles du SPANC pendant la réalisation ?

Il n'y a eu aucun contrôle pendant la réalisation.

Lagunage : l’entretien et les contrôles


Lagunage - Assainissement par filtres plantés - entretien

Pouvez-vous nous décrire les tâches d’entretien que vous réalisez et quelle est leur fréquence ?

Tout d'abord, je dois alterner les bassins du 1er niveau toutes les semaines. J'ai simplement une vanne à ouvrir et une autre à fermer.

Je nettoie les bassins une à deux fois dans l'année, c'est à dire que j'enlève les plantes indésirables (les orties surtout), il y a aussi des plants de tomate, des cassis, des groseilliers qui y poussent ! Je les déplante et les replante dans le verger.

Lorsque la cuve de la pompe est trop sale, je passe le jet d'eau pour décoller ce qui reste. A plus long terme (plus ou moins 10 années de fonctionnement), il est nécessaire de retirer une épaisseur de boues filtrantes de 10 cm, sur la surface du 1er bassin.

Quel est votre regard sur cet entretien vis-à-vis de ce que vous imaginiez avant de vous lancer ?

Je n'avais rien imaginé de particulier.

Pensez-vous qu’une phytoépuration collective entraîne proportionnellement beaucoup plus d’entretien qu’un éco-assainissement individuel ?

Il y a simplement plus de surface à nettoyer, il me faut une vingtaine d'heures par an pour l'entretien des bassins.

Micro-station d'épuration écologique

Quel est le modèle de votre pompe et en êtes-vous satisfaite ?

Je l'ai achetée chez H-tube tout compris avec la cuve. La marque de la pompe est Lowara, c'est fait en Italie, la référence est DOMO 15VX/B.

Concernant le fonctionnement, il y a deux choses :

  • la prise électrique est installée dans un regard à l'extérieur de la cuve. Quand il pleut beaucoup, elle est dans l'eau. Elle a déjà été changée 3 fois. Cette fois-ci, l'électricien a mis un produit (genre silicone spécial) à l'intérieur du boîtier qui colmate le tout et la rend étanche,
  • il faut faire attention à ce qui part dans les eaux grises. Les premiers locataires avaient un chien et jetaient de grandes longueurs de papier de toilette dans les WC, ceci s'enroulait autour de la pompe et la mettait en panne. Même chose pour les cheveux très longs, les morceaux de ficelle, les tampons...


Toilettes sèches en Bretagne

Comment se passe le contrôle périodique de l’eau ? Quelle est sa fréquence ?

Il y a eu un contrôle en novembre 2008 puis un autre en septembre 2013. Les contrôles ont lieu tous les 6 ans.
Ils sont demandés par la mairie et le SPANC et effectués par Veolia-Eau.
Une personne de Veolia-Eau prend rendez-vous et vient visiter la station. Je lui explique le fonctionnement. Il regarde l'ensemble du trajet des eaux et vérifie la qualité de l'eau à la sortie. Au dernier contrôle, la conclusion est : eau non polluée.

Comment se passe la gestion des toilettes sèches de votre atelier ?

Les toilettes sèches ne servent pas souvent, mais elles sont vidées sur un petit tas de compost destiné à cela.

Utilisez-vous de la sciure ou des copeaux ?

Les deux que je récupère chez le menuisier voisin.
J'utilise aussi des copeaux de cèdre (grand luxe !) que j'avais récupérés pour faire l'isolation des combles d'un des logements. Mais la mise en œuvre était un peu compliquée donc il me restait ces sacs de copeaux qui sentent très bon.

Micro-station d'épuration écologique : les aspects financiers


Prix phytoépuration coût assainissement écologique autonome

Vous étiez-vous renseignée sur les prix que pratiquent les professionnels ?

Non.

Avez-vous estimé les économies que vous feriez par rapport au choix d’un assainissement individuel classique ?

Non plus, aucune idée.

Quel a été le coût total et pouvez-vous éventuellement détailler approximativement les postes de dépense ?

Je ne connais pas le coût spécifique de la station, car les factures comprennent des matériaux pour le reste des travaux (drainage, canalisations, parking...). Les gros postes sont les suivants :

  • le terrassement : 2 100 euros,
  • la pompe : 1 200 euros,
  • les géomembrane et géotextile : 1 425 euros.

Avez-vous bénéficié d’aides financières pour cet assainissement ?

Non, je ne savais pas que l'on pouvait bénéficier d'aides financières pour une phytoépuration.

Assainissement par filtres plantés eaux grises et eaux noires : retour d’expérience


Phytoépuration eaux grises et eaux noires : retour d'expérience et avis

Que pouvez-vous dire aux personnes qui craindraient certaines nuisances : présence de moustiques, odeurs, prolifération des plantes, … ?

Il n'y a pas la moindre odeur, pas plus de moustiques non plus. Concernant les plantes, il s'agit simplement d'un jardin. Je ne comprend pas trop ce que l'on pourrait craindre par rapport aux plantes ?

Êtes-vous globalement satisfaite de votre installation ?

Oui, je suis totalement satisfaite, si je devais recommencer je ferais la même chose.

Amélioration esthétique : la prochaine fois, je planterai des plantes couvrantes sur les berges aussitôt la mise en service. Comme je ne l'ai pas fait au départ, des plantes (Achillée, Mauve,...) s'y sont installées, et j'ai du mal à les supprimer car elles ont l'air de très bien s'y plaire (elles sont très belles). Par conséquent, l'aspect de la station peut paraître un peu désordre.

Assainissement autonome semi-collectif - Achillée - Achillea Phytoépuration végétation - Mauves - Malva

Avez-vous commis des erreurs lors de la construction ou lors de l’entretien ?

Non, pas que je sache.

Ai-je oublié des questions qui vous permettraient d’apporter des précisions essentielles ?

Il me semble que c'est le fait d'alterner les phases d'inondation et d'exondation des lits du 1er étage qui autorise les eaux des toilettes à être déversées dans la phytoépuration. Ceci car les matières non solubles sont minéralisées en condition aérobie (NDLR : réactions en présence d'oxygène) pendant les périodes de repos.

Y a-t-il un ou plusieurs livres sur le sujet que vous recommanderiez ?

Non, je n'en connais pas.

Y a-t-il un ou plusieurs professionnels que vous recommanderiez et pourquoi ?

L’atelier Reeb, bien sûr.
L’association Eau Vivante qui fait un beau travail sur l'eau en général.
Le Jardin d'Eau à Saint-Michel-de-Plélan (Côtes d'Armor, 22).

Un grand merci Anne-Claude de nous avoir livré ce riche retour d’expérience !

Phytoépuration : et vous ?


Phytoépuration collective assainissement écologique - Retour avis conseils remarques

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1. Le lundi 30 juin 2014, 15:09 par Anonymous blog

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